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Prostitution et Vox literati à Shanghai avant la Première guerre mondiale
“Prostitution et Vox literati à Shanghai avant la Première guerre mondiale”

Cet article examine les formes du discours des lettrés chinois sur la prostitution de la fin du XIXe siècle à la Première Guerre mondiale. Il met en lumière le caractère ambivalent de ce discours qui, centré sur les courtisanes – la strate supérieure du monde de la prostitution – constitue une forme d’apologie ou de vision positive de la prostitution. Cette vision a pour partie imprégné la représentation collective de la prostitution en Chine. Toutefois cette représentation univoque masque un discours « en creux » clairement critique, voire méprisant, à l’égard de la prostitution ordinaire. Ce discours ambivalent a donné prise à une remise en cause progressive à mesure que l’évolution sociale et intellectuelle minait le statut des courtisanes et qu’une nouvelle vision issue des nouveaux média (essentiellement la presse) faisait de la prostitution un enjeu du débat public. This paper examines the forms of discourse on prostitution by the Chinese literati from the end of the 19th century to the First World War. It highlights the ambivalent nature of a discourse that focused on the courtesans – the upper stratum of the world of prostitution – and, as a result, provided a kind of apology or positive view of prostitution. This vision has by and large permeated the collective perception of prostitution in Chinese society. This univocal discourse, however, overwrites another « sub-discourse » – one that appears by default — that is clearly critical, or even demeaning, on common prostitution. This ambivalent discourse was exposed to increasing criticisms as social and intellectual change undermined the status of courtesans and a new vision nurtured by the new media, especially the press, made prostitution an object of public debate.

Clio. Histoire, Femmes et Société, n° 17, 2003, pp. 45-64